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 Somebody that I used to know || Pluie-d'Eté

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MessageSujet: Somebody that I used to know || Pluie-d'Eté   Mar 10 Avr - 14:31



Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens.

Je n’étais pas une âme comme les autres. Vous devez me prendre pour un type des plus narcissiques –et vous n’aurez pas tout à fait tord- mais c’est la vérité. Je ne sais si c’était la présence d’Owen ou simplement parce que j’étais spécial mais dans tous les cas, j’étais à part. Dans tous les sens du terme. Le fait que je ne sois pas tout à fait la gentille, pure et douce âme ne m’aidait pas vraiment à m’intégrer sur cette planète où pourtant, je savais que j’avais ma place. Et autant dire que la présence d’un parasite dans ma tête n’aidait pas beaucoup.
    *Trop d’honneur.*

Oh mais je t’en prie Owen, tout le plaisir est pour moi. Voyez ce que je veux dire ? Lorsque quelqu’un essayait de m’adresser la parole, j’étais déjà en passionnante conversation discussion avec un moi-même qui n’était pas moi (allez, on démarre dans les profondeurs, accrochez vous, c’est foireux), de quoi me faire complètement planter. J’avais beau être légèrement plus intelligent que la moyenne, ce genre de double et contre vie n’était pas des plus aisées et je crois que n’importe qui se serait emmêlé les pinceaux. J’avais tendance à répondre à haute voix à Owen lorsque nous étions en privé, mais il arrivait que je le fasse en public, sans m’en rendre compte, plus par automatisme et ça donnait en général lieu à ce genre de scènes :
« Oh la ferme ! »
« Pardon ?? »
« Mais non pas vous ! LUI ! »
« …. Vous êtes sur que vous vous sentez bien ? »
« Hein ? Mais ouais tout va bien, je parlais à la voix dans ma tête. »
De quoi se faire enfermer pas vrai ? C’était pour cette raison que je devais voir ma tutrice. Ha.Haha. La bonne blague. La tutrice sensée faire disparaître Owen. Haha… Non c’est pas drôle. Figurez-vous que la raison pour laquelle Owen s’accrochait autant à mon corps…
    *MON corps ! *

Notre corps donc, c’était sa chère et tendre Sarah. Et qui était Sarah ? Ma tutrice ouiiiii ! Félicitations, vous gagnez un voyage pour deux aux Bahamas tout frais compris ! Et un chihuahua en cadeau pour votre fidélité ! Merci, merci et à bientôt pour notre prochaine édition de « La vie de merde de Vent-dans-les-Feuilles » ! Enfin, Sarah s’appelait désormais Pluie-D’Eté et elle ne connaissait Owen en rien. Non, en rien puisque moi-même je ne lui en avais pas parlé. Vous pensez bien que j’allais pas débarquer dans son bureau : « HEY salut ma douce ! Tu sais le gars dans ma tête ? Il rêve de toi toutes les nuits et je suis prêt à parier que lui et ton hôte faisaient des choses pas très catholiques dans les salles de classe… ». Nan, sérieux, pas moyen ! J’allais pas lui parler de ça. Et j’allais donc pas me débarrasser d’Owen. Chouette. Lui et moi c’était pour la vie, à nous les longues balades sur la plage, les soirées d’hiver au coin du feu à manger des marshmallows grillés en nous contant notre amour respectif à coups de : « ta gueule ! » « toi ta gueule ! ». Ô joie ! Ca s’annonçait passionnant.

Tout ça pour dire que franchement, je me serais bien passé du rendez vous chez Pluie-d’Eté que l’on avait programmé ce jour là. Et comme je vous l’ai dit : j’étais pas comme les autres. J’étais disons… plus rock’n’roll.. moins sage, j’avais tendance à dépasser les limites qu’on essayait de me fixer, à passer outre avec un grand sourire de gamin qui se fiche des conséquences. Je fumais, je faisais des bêtises puis je me faisais gentiment engueuler parce que c’était pas vraiment ma faute si je parvenais pas à contrôler mon hôte. En gros je faisais un peu tout ce que je voulais sans que personne ne trouve rien à redire. J’avais l’impression d’être en pleine crise d’adolescence à trente ans. C’est moche hein ?
Je suis arrivé au cabinet en moto, une magnifique bécane récemment acquise (personnellement je n’avais jamais appris à conduire, mais Owen savait alors j’estimais que j’avais droit de conduire, au pire, si je m’y prenais de travers je le savais tout de suite, de manière générale mon hôte me gratifiait d’un agréable : « ARG NON NE VA PAS LA C’EST UN SENS INTERDIT DU CON ! », qu’est ce qu’un sens interdit ? J’en ai pas la moindre idée mais je sais qu’il ne faut pas aller par là ! ), blouson en simili cuir noir sur le dos, cigarette au coin des lèvres et une humeur de chien des plus perceptibles. Eteignant rapidement ma clope avant d’entrer, j’ai pris un chewing gum en allant voir la secrétaire de Pluie-D’Eté, Danseuse-sous-les-étoiles, un sourire mielleux sur le visage :
    « Mademoiselle Danseuse ! Toujours un plaisir de vous voir !
    « Oh… Vent-dans-les-Feuilles… ! Je euh… nous ne vous attendions pas si tôt… »
    « S’il n’y a que ça je peux repartir. »

    *Ca te plairait hein ?*
    « Non ! Non, ce n’est pas ce que je voulais dire… ! »
    *Ne crois pas que tu vas t’en tirer comme ça, tu y es, tu y restes.*
    *Oui Maman.*

    « Je vais prévenir Pluie-d’Eté que vous êtes arrivé, si vous voulez bien patientez… »
    *Ne m’appelle pas comme ça !!*
    « Pas de soucis. »


Un cauchemar je vous le disais ! Je ne sais pas pourquoi mais cette pauvre Danseuse piquait un fard dés qu’elle me voyait franchir les portes d’entrée. Je devais la mettre mal à l’aise, faut dire qu’il était rare que je fasse bonne impression.
    *On se demande pourquoi.*

Tiens t’es pas encore mort toi ?
Cela étant, je me suis assis dans la salle d’attente vide, collant mon chewing gum sous l’un des sièges (je sais, ça fait mauvais genre hein ? Mais il fallait bien que je m’en débarrasse et la poubelle était loiiiin), sifflotant une mélodie que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam et qui devait donc appartenir aux souvenirs d’Owen. Quelle plaie je vous jure. J’hésitais encore entre me carapater pendant que je le pouvais encore, faire le mort ou essayer de me fondre dans le décor type caméléon, mais bizarrement je doutais de l’efficacité de ces techniques. Allez comprendre…
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know || Pluie-d'Eté   Mer 11 Avr - 22:32


i don't know why you say goodbye : i say hello ...

Les rendez-vous avez eu beau s'écouler les uns après les autres, à une allure tout à fait habituelle, lorsque Danseuse-sous-les-étoiles, ma secrétaire, me fit appeler pour mon rendez-vous suivant, je n'avais pas pris conscience qu'il était si tard. Plus la durée de mon séjour sur Terre avançait, plus il me paraissait voir les heures défiler vite, vite et toujours plus vite … Le temps : qu'elle notion bien étrange sur cette planète-ci. Rien à voir avec la planète des Fourmis. Tout était réglé comme du papier à musique, pour chacun, à chaque instant. Et cela avait un côté reposant je crois me souvenir. Oui : tout était calme, paisible, nous ne vivions que pour remplir encore et encore ce grand tas, pour la communauté et rien ne venait jamais nous en déranger. Quelque chose d'incroyable : tout le contraire de la Terre. Nous jouissions pour une des premières fois – nous les âmes – d'une liberté sans aucune limite. Ce corps, cette intelligence, ces techniques : jamais de mes 4 vies je n'avais vécu une chose pareille et n'avais cru comprendre qu'il pouvait exister une telle planète, ailleurs, que nous avions pacifié. Enfin, si tout avait pu être si simple …

Au fond, si notre arrivée sur la Terre s'était mieux déroulée, je n'en serais certainement pas là aujourd'hui : pas là à m'occuper de toutes ces âmes qui avaient depuis leur arrivée à se battre, pour prendre la possession se leurs corps. Et encore, quand ils y arrivaient … C'était un métier passionnant, rien à redire sur cela, mais c'était un métier qu'il ne faisait pas toujours bon d'exercer. Enfin : après plusieurs années de travail, je m'estimais être devenue une assez bonne tutrice. J'en avais vu défiler des têtes dans ce petit bureau, j'en avais entendu des cris et des plaintes à cause ces stupides créatures qui refusaient de léguer leur corps. Bon sang, mais quand allaient-ils tous se rendre compte de notre seul but ici, c'était de rétablir la paix et faire le bien. J'enrageais depuis mon arrivée. Nerveusement, le stylo qui me servait depuis cinq minutes se retrouva propulsé à l'autre bout de la pièce, contre un mur, laissant une trace noire s'en échapper et tacher d'une façon irrégulière et désastreuse le mur vert anis. Ce genre de geste, je savais que je ne l'aurais jamais eu dans d'autres conditions, avec des hôtes tels que ceux des planètes voisines : cette violence, elle émanait naturellement de ce corps … Bien heureusement, mon hôte, Sarah, j'avais réussi à la faire taire presque à l'instant même où j'avais pris possession du corps, effaçant au passage tous ses souvenirs afin de ne pas m'en encombrer. Je n'avais plus ce problème à régler au moins. Je pense que c'est pour cela que j'avais si rapidement choisi d'exercer ce métier, tutrice : parce qu'au moins, je n'étais embarrassée par aucun souvenir parasite contrairement à la majorité de mes patients. « Ça aurait été plus compliqué de juste le poser ce stylo ? » Que j'avais lancé au vide intersidérale de mon cerveau. Évidemment, j'eus en guise de simple réponse, un long silence, extrêmement morbide. Parfois, j'aurais aimé que Sarah me réponde, pour que je comprenne ce corps, que je la comprenne elle et son espèce. Parce que que c'était pour moi, encore aujourd'hui un grand mystère cette humanité, si belle et libre sur le papier, qui se serait autodétruite sans notre intervention.

« Pluie-d'Été ? Tout vas bien ? » « Oui Dancy : je mettais simplement un peu d'ordre : je serai dans la mesure de le recevoir dans quelques minutes. »

Le, parce que j'avais complétement manqué l'information que ma secrétaire avait bien pu me donner la première fois. J'avais simplement retenu qu'il devait être de sexe masculin. Enfin, je me débrouillerai bien comme toujours. J'attrapais un petit morceau de papier blanc. Je me dirigeais vers cette fameuse tache et après m'être agenouillée, je tapotais avec délicatesse le pauvre mur que j'avais complétement dénaturé. « Pauvre de toi ... » Avais-je maugrée dans ma tête, plus en pensant à la Terre, qu'au mur en particulier. Quand je fus à peu près satisfaite du résultat, je déposais le mouchoirs dans la poubelle prévus à cet effet, frottais mes mains – réflexe humain puisqu'il n'avait aucune vertu nettoyante. J'eus envie de balancer une autre remarque à Sarah, mais j'en oubliais presque que Sarah n'était plus là. Je poussais la porte de mon bureau et bifurquais sur ma gauche : ce parcours j'aurais pu le faire les yeux fermés depuis le temps. Je tournais donc, dix pas, puis deux vers la droite et la salle d'attente se trouvait juste en face de moi.

Et quel patient avais-je oublié ! « Vent-dans-les-Feuilles ! J'avais lancé le plus naturellement possible. Je pense que c'est à nous. » Je m'étais positionnée de profil et dans un geste aussi spontané que maladroit, avais effleuré mon jupon, le soulevant légèrement. Une légère brise vint effleurée mes jambes que j'osais pour la première fois de l'année, découvrir. J'ignorais si c'était justement ce retour à une tenue légère ou bien si c'était la présence de l'âme qui avait crée ce ressentit. Avec un air toujours aussi effronté et pourtant indéchiffrable pour moi, il s'était levé, et m'avait devancé, connaissant désormais le chemin par cœur. Quant à moi, j'avais levé les yeux au ciel : il me paraissait toujours aussi coincé, les dents toujours aussi serrées, l'air toujours aussi froncé … Je lui avais pourtant bien dit qu'il fallait qu'il se détende et que c'était la seule solution s'il voulait se débarrasser de son humain. Comment s'appelait-il déjà … Owen. Chaque séance avec ces deux-là avaient pour l'instant été une catastrophe et je n'espérais même pas que celle-ci se déroule mieux que les autres.

Lorsque je fermais la porte, l'âme s'était déjà installée confortablement sur le siège face à mon bureau. Déjà, il me semblait que de sa bouche allait sortir un 'c'est bientôt terminé maintenant'. Bref, à mon tour, je pris le temps de m'installer, affichant un désintérêt des plus explicite : je rangeais mes stylos, ordonnait un paquet de feuille. Absence de réponse, un long silence s'instaurait entre nous deux. Au moins ça allait vite être réglé.

« Et bien : je vois qu'on ne veut pas être plus coopératif que d'habitude. Bonjour Vent-dans-les-Feuilles, moi aussi j'espère que vous allez-bien. Nous pourrions peut-être parler un peu de ce que vous faites en ce moment : des projets, de voyage, de travail ? »

Je m'étais avancé vers lui, avais déposé mes avant bras sur la table avant de rabattre mes mains sous mon menton. Et puis surtout, j'avais laissé mon ironie de côté : ce n'était pas digne de moi, de mon métier et des âmes. En le fixant, je réalisais soudain qu'il me paraissait connaître les moindre détail de son visage. Comme si j'étais bien plus attentive aux patient non coopératifs et très agaçants. Ce qui était paradoxale : et pourtant, la moindre de ses rides, dans le coin de l'œil, il me paraissait les avoir parcouru des centaines et des centaines de fois ...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

    i'm still standing yeah yeah yeah
    "don't you know I'm still standing better than I ever did, looking like a true survivor, feeling like a little kid. i'm still standing after all this time : picking up the pieces of my life without you on my mind " marche-sous-la-lune laisse la place à pluie-d'été
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MessageSujet: Re: Somebody that I used to know || Pluie-d'Eté   Mar 17 Avr - 11:46

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic…. Allez si elle arrivait pas dans deux minutes et trente sept secondes je mettais les voiles ! Pas qu’elle était en retard puisque j’étais en avance mais il fallait bien que j’ai une excuse pour partir sans demander mon reste. Des excuses j’en avais plein (« j’ai oublié de fermer le gaz », « je suis en retard à mon rendez vous chez mon voisin », « mon pingouin n’a pas encore été sorti » etc…) mais rien qui convienne bien à la situation. Plus que deux minutes. Pluie-D’Eté ne m’aimait déjà pas beaucoup (vu mon comportement ce n’était guère étonnant), ce n’était pas pour rajouter un lapin à la liste. En plus de ça Owen ne me l’aurait jamais pardonné non plus. Il était déjà assez rancunier sur le fait que j’ai pris son corps (non mais franchement, c’était ridicule) alors que j’ai posé un lapin à sa copine ça allait être l’Apocalypse. Il savait que Pluie-D’Eté n’était pas Sarah mais en un sens ça ne l’empêchait d’espérer qu’elle était encore quelque part, à attendre, comme lui, la libération. Je n’avais pas osé lui dire que Pluie-d’Eté n’aurait pas été tutrice si Sarah lui parlait comme il le faisait avec moi mais il savait ce que j’en pensais. Une minute. Owen était un chieur fini, toujours en train de râler et de m’envoyer des souvenirs indésirables, un vrai parasite mais dans un sens, je l’aimais bien.
    *Oh c’est mignon ! T’es amoureux !*

Oh la ferme. Pour une fois que je dis quelque chose de positif sur toi, fais l’effort d’être présentable ! Enfin… on se comprend !
    *Non pas vraiment. Tu veux bien répéter ?*

… Je te hais.
Bref, le temps que j’avais ahem… généreusement accordé à ma tutrice était presque écoulé et je jubilais à l’idée de partir bientôt, les yeux rivés sur la petite aiguille de l’horloge. Cinq… Quatre… Trois… Deux…

    « Vent-dans-les-Feuilles ! »


Eh merde. Détournant les yeux pour regarder Pluie-D’Eté j’ai tout de suite remarqué le changement. La jupe. Ah misère. J’ai entendu Owen grincer des dents même s’il n’en avait plus. Pas que la vue soit désagréable, bien au contraire, mais mon hôte se montrait déjà aussi agressif qu’un rottweiler affamé quand je regardais d’un peu trop près la femme qu’il avait aimé alors si celle-ci se découvrait il allait montrer les crocs à chaque fois que j’aurais l’audace de baisser les yeux. Ce que je n’ai pas tardé à faire. Eh, n’allez pas croire que j’étais un pervers fini, c’était un geste de Pluie-D’Eté qui avait attiré mon attention dessus. Un geste apriori anodin et qui pourtant… me laissait méfiant. En vérité j’étais toujours méfiant quand il s’agissait de ma tutrice mais si vous aviez vécu dans les mêmes conditions que moi vous l’auriez probablement été aussi. Je me suis donc levé, contournant soigneusement la jeune femme en évitant de la regarder (tout doux Owen, là, brave bête) et me suis dirigé tout naturellement vers son bureau. Après tout c’était là que nous avions rendez vous, quoi que j’aurais pu gagner derechef la sortie, ça m’aurait évité de longues et lentes minutes d’ennui et d’autocomplaintes.
    *Comme si tu te plaignais pas en dehors de son bureau…*

Moins ! Tu devrais le savoir, c’est quand même toi qui me supportes à longueur de journée.
    *Pour moi tu es toujours aussi pénible, bureau ou pas bureau.*

Je suis blessé Owen. Moi qui pensais que tu remarquerais les nuances et subtilités de mon insupportabilité. Après tout tu es un expert en la matière.
Tout ça pour dire que je suis allé m’installer, m’asseyant dans le siège en face du bureau comme d’habitude. Tant qu’à m’ennuyer autant le faire assis. Ma tutrice n’a pas tardé à faire de même et j’ai bien remarqué que ma présence ne l’enchantait pas plus que ça. C’était compréhensible. Nous nous sommes ignorés pendant plusieurs minutes : elle, vaquant à ses occupations, moi, comptant le nombre de stylos qu’elle rangeait (Dix en tout ! Je les avais déjà comptés. Quatre fois. ) et je me suis dit que finalement ça allait peut-être finir vite. Suffisamment pour que je puisse passer au resto du coin. J’en étais à me demander ce que j’allais commander (j’adorais le moelleux au chocolat, mais Owen se bornait à me dire de prendre la tartelette aux framboises, d’ailleurs pour ceux que ça intéresse j’ai fini par me décider en prenant les deux) lorsque la voix de Pluie-D’Eté s’est à nouveau faite entendre, me faisant redescendre sur Terre.

    « Et bien : je vois qu'on ne veut pas être plus coopératif que d'habitude. Bonjour Vent-dans-les-Feuilles, moi aussi j'espère que vous allez-bien. Nous pourrions peut-être parler un peu de ce que vous faites en ce moment : des projets, de voyage, de travail ? »


J’ai retenu un soupire, observant pour la millionième fois la pièce dans laquelle je me trouvais pour trouver quelque chose à lui raconter qui ne m’impliqua pas directement.

    « Eh bien toujours la même chose. Mais je pense partir.. »


Je dois vous l’avouer, j’avais eu l’intention de lui dire : ‘loin de vous’ mais Owen m’a fait taire rapidement par une alerte mentale qui m’a fait comprendre que je n’allais pas dormir de la nuit si je m’autorisais un truc aussi vache. J’ai donc reposé les yeux sur ma tutrice, restant silencieux un instant en la dévisageant. Je la connaissais par cœur, malheureusement pour elle et pour moi. Je savais quel gout avait sa peau, à quel point ses lèvres étaient douces, comme celles-ci pouvaient s’étirer en un sourire adorable et elle me pourrissait l’existence. Ce n’était pas juste. Pour la première fois depuis que nos séances avaient commencé, un sourire s’est dessiné sur mes lèvres, et je me suis penché un peu vers le bureau, un peu vers elle. Oui cette fois ça allait être différent. J’ai élevé la vox à nouveau, mielleux :

    « Mais si on parlait un petit peu de vous Pluie-D’Eté : vous avez des projets ? Des envies particulières ? Peut-être un but prochain à atteindre ? »


Emprisonnant son regard dans le mien, je l’ai observé en croisant les bras sur son bureau. Il n’était pas question que je sois le seul à trouver ça éprouvant encore une fois. Et puis ce serait l’occasion de vérifier si Sarah avait toujours une quelconque et toute petite parcelle de vie, chose qui m’aurait étonné. Mais on était jamais sur avant d’avoir vérifié. Me penchant encore un peu pour me rapprocher à nouveau de Pluie-D’Eté, j’ai continué :

    « La maternité peut-être ? C’est très en vogue en ce moment chez les âmes. »


Odieux ça je savais l’être et Owen tempêtait intérieurement. J’ignorais ses altercations, peu importait le nombre d’injures qu’il y mettait à la fin. Le but était simple : me faire virer. Si Pluie-D’Eté n’était plus en mesure de me supporter, elle serait bien obligé de me refiler à quelqu’un d‘autre. Owen vous le dira, pour ce qui est d’être impossible, ça je savais m’y prendre. J’étais désolé pour Pluie-D’Eté mais les choses ne pouvaient plus continuer comme ça. Il fallait que j’arrête de la voir et qu’Owen arrête de la voir surtout, il y avait déjà dans notre tête bien trop de pensées la concernant.
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